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Fédération Nationale du Bâtiment et Travaux Publics (FNBTP)

REVUE DE PRESSE

L'Economiste | Coup de projecteur sur les contraintes sectorielles

16 mai 2018

Le Maroc a aujourd’hui une opportunité pour accélérer son développement grâce à l’aubaine démographique, mais doit relever le défi de la création massive d’emplois de qualité, relève l’OCDE dans son analyse sur le Maroc(1). La compétitivité des entreprises marocaines révèle un tissu productif à deux vitesses avec des écarts par rapport au reste du monde.

Seul un petit nombre d’entreprises marocaines dans quelques branches d’activité ont des niveaux de productivité proches de la frontière mondiale. Environ 30% des entreprises marocaines dans la machinerie, 7,8% dans l’hôtellerie et la restauration et 2,6% dans le textile atteignent le niveau de productivité des firmes les plus performantes de leur secteur. Dans certains secteurs, tels que la production des métaux, aucune entreprise n’est proche du niveau de la frontière de productivité.

L’analyse de quatre secteurs d’activités a permis d’identifier les contraintes rencontrées pour leur développement. Deux secteurs sont liés aux métiers mondiaux qui ont réussi (l’automobile et le secteur électrique/électronique), un secteur est lié à un métier mondial qui a de plus faibles performances (l’agro-alimentaire, dont la croissance moyenne des exportations fait partie des plus faibles des métiers mondiaux sur la période 2013-16 [BAD, 2017]), et un secteur est transversal à de très nombreuses activités (l’emballage/conditionnement).

Ces secteurs sont confrontés à de multiples contraintes, qui les affectent à des degrés divers, et minent la compétitivité de l’économie marocaine. Pour tous les secteurs, la faible productivité de la main-d’oeuvre et le coût de la main-d’oeuvre qualifiée constituent une problématique majeure.

De même, les faibles soutiens à l’innovation, le peu d’intégration logistique, l’imposition de normes de qualité, l’accès et le coût du foncier, et la fiscalité (surtout en matière de recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée [TVA], et de fiscalité de l’investissement) apparaissent comme des contraintes importantes.

Par ailleurs, malgré le développement progressif des procédures en ligne, les délais de l’administration (pour l’obtention de papiers, d’autorisation, de validation de documents, etc.) continuent de représenter un obstacle à de nombreuses entreprises. Les secteurs de l’agro-alimentaire et de l’emballage sont confrontés à la fragmentation du marché local et au morcellement de certaines filières.

Par ailleurs, certaines entreprises sont confrontées à des difficultés en matière de licenciement (notamment du fait des coûts), d’accès aux financements, de règlement des différends par le système judiciaire, de délais de paiements qui affectent significativement leurs trésoreries, ou encore au coût élevé de l’énergie.

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(1) «Les voies de développement, Examen multidimensionnel du Maroc,  volume 2 analyse approfondie et recommandations»

                                                                          

Le coût de l’incohérence

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 Le Plan d’accélération industrielle (PAI) apparaît isolé des autres stratégies sectorielles (énergétique, logistique, commerciale, numérique, etc.)

Les stratégies sectorielles jouent un rôle important mais insuffisant pour soutenir la cohérence des politiques publiques. Et les exemples ne manquent pas. Alors que le plan vise à faire des énergies renouvelables une nouvelle filière, et que la Stratégie énergétique a également pour objectif de créer une filière de l’efficacité énergétique structurée et professionnelle, aucun lien n’est fait entre ces deux stratégies… Les liens avec la stratégie logistique, notamment en matière de foncier, de parcs industriels locatifs et de zones industrielles font défaut.

Or ce manque de cohérence des politiques publiques a déjà des répercussions sur les activités industrielles. Par exemple, les zones industrielles ne sont pas coordonnées avec des capacités logistiques comme les services de ramassage des ordures industrielles, le transport intérieur (accès aux routes, système de bus publics), ou les bassins d’emplois locaux.

La stratégie Halieutis, par exemple, exprime le besoin d’une meilleure structuration et dynamisme du marché intérieur autour de marchés de gros et de détail, et d’espaces portuaires dédiés à la pêche, mais ces éléments ne sont pas repris dans la stratégie logistique.

Dans la filière du bâtiment, la stratégie énergétique vise à réduire la consommation de 20% d’ici 2030, or cet objectif ne semble pas pris en considération dans la politique industrielle en tant que telle, sauf dans les écosystèmes de la chimie organique et des matériaux de construction.

Dans certains cas, les stratégies sont totalement déconnectées les unes des autres. Toutes les stratégies sectorielles ont des besoins importants en matière d’éducation et de formation professionnelle. Pourtant, aucune d’elles n’est alignée avec la politique de l’éducation, et toutes développent leurs propres initiatives en la matière.

De même, alors que la très grande majorité des stratégies pointe un besoin logistique important, la stratégie logistique ne fait référence à aucune autre stratégie dans ses textes. Enfin, les stratégies mettent peu l’accent sur le secteur tertiaire (à l’exception du PMV) et la recherche et développement (R&D) est un sujet quasiment absent de toutes les stratégies.

Les experts de l’OCDE recommandent de développer une culture de l’évaluation et de la reddition des comptes au sein de l’administration. En parallèle, le Maroc pourrait envisager la mise en place d’un organe indépendant des départements ministériels et agences d’exécution chargé de l’évaluation des stratégies et programmes sectoriels. Enfin, le développement d’une culture du rendre compte passe par une définition claire des responsabilités de chaque acteur et la réforme de la gouvernance locale.

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